L’AGRICULTURE EN CRISE

Nous vous en avons parlé plusieurs fois : nos agriculteurs ont du mal à vivre de leur travail. Un certain nombre d’entre eux vivent avec 700 € par mois pour 365 jours de travail par an et une usure physique importante.

Bon, me direz-vous, ils ont le grand air et un environnement non enviable au nôtre. Ce n’est pas vraiment le cas. Entre les produits dits « phytosanitaires » (pesticides, fongicides, et autres produits dont on cache le nom) qu’ils épandent à longueur d’années et une productivité imposée, leur cadre de vie est plus que détérioré. Une grande partie d’entre eux vit chichement et leur profession est plus touchée par un certain nombre de cancers que les citadins. Ils sont en partie dus aux pesticides qu’ils utilisent.

Comment en est-on arrivé là ?

En parlant avec eux, en nous informant, nous avons une petite idée des raisons de ce désastre mais nous ne sommes pas des experts !

Voici notre point de vue :

Au sortir de la guerre 39/45 jusqu’à aujourd’hui, il est demandé, d’une part, à nos agriculteurs de produire plus pour nourrir une population grandissante et « alimenter » nos exportations. D’autre part, comme ils détiennent du foncier,  les banques ont facilité l’accès aux prêts pour améliorer cette productivité : achat de matériels pour mécaniser la production, construction des bâtiments, achats des terres.  Une grande partie de nos agriculteurs est très endettée et se voit donc contrainte de produire toujours plus pour rembourser.

Des subventions leur ont été allouées pour encourager tel type de culture ou d’élevage. Par exemple, pendant des années, la production du lait a été subventionnée et  ce type de subventions a poussé les agriculteurs à se spécialiser. Par ailleurs, une  partie des subventions est proportionnelle à la taille des exploitations (nombre d’hectares ou de bêtes) ce qui exclut du système les petits exploitants. De fait, le seul syndicat reçu et écouté par les pouvoirs public est la FNSEA, syndicat des plus gros agriculteurs. Les exploitants des petites surfaces, représentant une belle majorité des fermes en France, ne sont pas dûment représentés, ni entendus. L’argent public est orienté au profit des plus gros.

Autre point, les agriculteurs n’ont pas le temps de commercialiser leurs productions et passent par des coopératives, des acheteurs institutionnels ou des grandes marques de distribution qui imposent leurs prix et leurs délai de paiement. Un exemple : un bœuf sur pied se vend à 3 €/kg ! Le prix de vente n’a pas bougé depuis les années 70 alors que les charges augmentent chaque année systématiquement.

Tout est fait aujourd’hui pour privilégier les plus puissants, les plus pollueurs !

Un certain nombre d’agriculteurs ou d’éleveurs a décidé de ne pas se laisser faire et s’organise pour la vente directe auprès des consommateurs : circuits courts ou en local, revenu direct et équitable, indépendance par rapport aux institutionnels, reconnaissance du travail et de la qualité.

Un certain nombre d’entre eux a décidé de passer au bio. La conversion au bio dure 3 ans, elle demande à l’agriculteur de revoir toutes ses méthodes de travail, d’avoir plus de terres et de bâtiments (pour l’extensif) et de changer mentalement. C’est souvent un moment très difficile à vivre car incertain. Les repères changent et les agriculteurs ne sont pas accompagnés.

A nous, consommateurs, de les aider, en achetant en direct du bio. Le pouvoir des citoyens est immense et  si nous boudions les étals de viande « conventionnelle » et industrielle de façon massive, le signal négatif serait immédiatement perçu et les lignes pourraient bouger, notamment vers le bio c’est à dire une agriculture respectueuse de l’environnement et de l’homme.

Toutefois, il est vital de réformer en profondeur un système qui mine notre agriculture.

0

Your Cart